Re-re-re-re-re-re-rebienvenue
dans le Bunker! Cette semaine, la communauté
internationale s’est mobilisée pour combattre les feux
dans la forêt amazonienne, le G7 s’est réuni
et ça s’est pas mal mieux passé que la dernière fois
avec Donald Trump, et des pesticides toxiques pour
l’environnement et la santé sont encore trop utilisés
en agriculture. Ça a été, je dirais,
une semaine de type “moyenne”. Bien non! Ça a été une bien
grosse semaine pareil! Le président brésilien Jair
Bolsonaro s’est finalement dit ouvert à accepter
l’aide internationale pour combattre les feux de forêt
qui font rage en Amazonie. Ça, à condition que le Brésil
gère les fonds lui-même, et que la souveraineté
du pays soit respectée. L’aide internationale de
plusieurs millions de dollars a été annoncée au G7. – Nous allons investir
15 millions de dollars en aide, en Amazonie, en plus
d’envoyer des ressources et de l’équipement,
y compris des avions. – Rappelons que la forêt
amazonienne est la proie des flammes depuis
plusieurs semaines et ça a provoqué une
indignation à l’international parce que plusieurs blâment
la politique de déforestation du président brésilien. Lui, de son côté, dit que la
situation a été un peu exagérée et que l’envoi de soldats
a permis, en partie, de maîtriser la situation. On a d’ailleurs assisté cette
semaine à des échanges virulents entre Bolsonaro et le président
français, Emmanuel Macron. Celui-ci dit que le président
brésilien aurait menti sur ses engagements
environnementaux. La réunion du G7 s’est terminée
lundi, à Biarritz, dans le sud-ouest de la France.
Outre les feux de forêt, on y a parlé de
toutes sortes de choses : d’économie, de la Chine,
de l’Iran et des géants du numérique. Mais avant tout,
c’est quoi ça, le G7? C’est eux. Le Groupe des Sept
est un groupe formé de sept des plus grandes
puissances mondiales. Mais à sa fondation,
en 1975, c’était un G6. Les six pays qui étaient les
plus puissants à ce moment-là. Le Canada s’est ajouté
l’année suivante, en 1976. C’est pour ça qu’on appelle ça
aujourd’hui le G7. Et ça a aussi été,
pendant un temps, le G8. La Russie a participé à
son premier sommet en 1998. Mais elle a été expulsée en 2014
après avoir annexé la Crimée. Ce qui n’a pas plu
aux autres puissances. Donc, le G7!
Une fois par année, les dirigeants de l’Allemagne,
le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni
se rassemblent pour jaser. La grande surprise du sommet,
ça a été la présence à Biarritz du ministre iranien des Affaires
étrangères, Javad Zarif, pour discuter d’une sortie
de crise sur le nucléaire. Cette crise-là, c’est
l’escalade des tensions entre l’Iran et Washington
parce qu’en 2018, les États-Unis de Donald Trump
se sont retirés de l’accord international
sur le nucléaire iranien. Les pays occidentaux
ne veulent pas que l’Iran ait
l’arme nucléaire. – Nous partageons pleinement
deux objectifs. Faire en sorte que l’Iran
ne puisse jamais se doter de l’arme nucléaire. Favoriser la paix et
la stabilité dans la région. – Donald Trump n’a pas
rencontré M. Zarif au G7… mais il a quand même
accepté sa présence. Et Trump se dit maintenant
prêt à rencontrer le président de la République islamique
d’Iran, Hassan Rohani. – Sinon, les dirigeants
ont aussi parlé de la fiscalité
du numérique et des GAFA, les géants du web, soit Google,
Amazon, Facebook et Apple. Tous les pays membres se sont
entendus sur le fait qu’il faut taxer les géants du web, qui
ne paient presque pas d’impôt. Les membres du G7
ont aussi discuté des relations
commerciales tendues entre la Chine et
les États-Unis qui, en ce moment, menacent
l’économie mondiale. Ils ont donc demandé
à Trump de calmer le jeu. – À ce G7, tous les problèmes,
et toutes les solutions, passent par Donald Trump. Emmanuel Macron a tout fait pour garder le président
américain heureux. – Nous sommes mis dans
une dynamique qui a permis, véritablement, de faire
avancer nombre de dossiers. Je veux vraiment vous remercier,
Monsieur le Président. – Et Emmanuel Macron a eu
la prudence de ne pas rédiger de communiqué final,
cette année, pour éviter le fiasco de l’année dernière, quand Donald Trump avait
renié sa signature quelques heures après
le sommet par Twitter. Cette année, Macron ne voulait
pas le laisser filer. – I will wait for the end
of this press conference, to have the press conference
of the presidency… – Il faut aussi dire que le G7,
c’est des discussions qui mènent pas nécessairement
vers des ententes qui ont une valeur légale. Et c’est pas tout le monde
qui s’entend sur sa légitimité. – Je pense qu’on peut
se poser d’autres questions sur ce genre de sommet. Il y a aussi une mise en scène,
il y a un théâtre politique. – Finalement, qui dit Sommet
du G7, dit aussi contre-sommet et manifestations de groupes,
altermondialistes, anticapitalistes,
syndicalistes et écologistes. Cette année, comme
l’an dernier à La Malbaie, les contre-manifestations
ont été relativement calmes. Il faut dire que depuis 2001,
lorsqu’une personne est morte suite à des affrontements entre
la police et des manifestants, bien, le G7 se tient
dans des petits endroits, loin des regards,
loin des manifestants. Et des endroits
très sécurisés. Il était une fois
des pesticides classés comme cancérigènes probables, d’autres qui déciment
les colonies d’abeilles et d’autres qui sont
vraisemblablement liés à plusieurs maladies
chez les agriculteurs, comme on l’a appris
cette semaine. Et ce sont tous des pesticides
qui sont encore largement utilisés
en agriculture au Québec. Malgré les risques
et malgré la volonté du gouvernement de réduire
l’utilisation des pesticides. Dans les dernières années,
mon collègue Thomas Gerbet a fait une série
d’enquêtes là-dessus. – On apprend que l’utilisation
de pesticides agricoles atteint des sommets inégalés au Québec. – De grandes quantités
de pesticides sont utilisées sans aucune raison
dans les champs du Québec. C’est ce que révèle
une enquête de Radio-Canada. – Il y a une crise dans
le milieu de la recherche sur les pesticides au Québec.
Une enquête de Radio-Canada démontre la pression qu’exerce
l’industrie sur les chercheurs. – Thomas,
qu’est-ce qui se passe? – Bien en fait, il y a de plus
en plus d’études qui démontrent qu’on utilise trop de
pesticides au Québec. Parfois, c’est vraiment
nécessaire. L’agriculteur, son champ est en train d’être
ravagé par des insectes. Donc, il doit en utiliser. Mais la science démontre que
c’est pas toujours nécessaire d’en utiliser autant
ou parfois, c’est pas du tout
nécessaire d’en utiliser. Et ce que nos enquêtes
ont démontré, c’est que les agronomes qui
conseillent les agriculteurs pour l’utilisation
des pesticides, bien en fait, la plupart du temps, c’est
des employés des compagnies qui les fabriquent,
qui les vendent. Ils se retrouvent à être
conseillers et vendeurs. Il y a un risque
de conflit d’intérêts. C’est comme si ton médecin
était aussi un employé d’une compagnie pharmaceutique
et qu’en plus il touchait des bonis et des primes quand
il te vendait des médicaments. – Tes enquêtes ont fait
réagir les politiciens, mais même si le gouvernement
veut agir, il peine à le faire. – Bien, c’est ça. On remarque,
en fait, qu’on n’arrive pas à réduire l’utilisation
des pesticides au Québec. Et depuis 30 ans,
le gouvernement s’est donné différents objectifs
de réduction. Mais on a remarqué
que ça ne marchait pas. En fait, parfois même,
ça augmente. Et ce que nous disent
des fonctionnaires sous le couvert de l’anonymat,
c’est qu’en fait, ils doutent
de la volonté réelle du ministère de l’Agriculture
de faire changer les choses. Par exemple, il y a moins de
financement dans des projets pour remplacer les pesticides par des solutions
plus biologiques. Il y a des recherches qui
ont tardé à être publiées. Il y a du financement pour
des projets de rechange qui a été coupé. On remarque qu’il y a moins
d’inspecteurs sur le terrain. Et puis, la formation,
aussi, des agriculteurs, elle pourrait être meilleure,
selon plusieurs experts. Parce que certains ne prennent
pas toutes les précautions qu’il faudrait pour se protéger
de l’utilisation des pesticides. – D’ailleurs, dans
ton dernier reportage, tu parles des risques pour
la santé des agriculteurs. – Oui, il y a de plus en plus
d’agriculteurs qui s’inquiètent, en fait, parce que
c’est les plus exposés, eux et leur famille,
parce que leur milieu de vie se confond avec
leur milieu de travail. Mais ce qu’il faut comprendre,
c’est que la santé publique, en fait, elle reconnaît son
impuissance, son incapacité à juger des liens entre
l’exposition aux pesticides et certaines maladies,
parce qu’elle dit elle-même, elle n’a pas assez
de connaissances. Donc tout ça,
les impacts sur la santé, sur l’environnement, c’est
des sujets qu’on va retrouver à la fin du mois de septembre à la commission parlementaire
sur les pesticides, à Québec. – Les reportages de Thomas
Gerbet sont disponibles sur le site de Radio-Canada. On vous met les liens
en commentaire. On est à une cinquantaine de
jours des élections fédérales et les principaux partis
entrent en mode séduction. Les libéraux de Justin Trudeau
lui ont fait prendre le transport en commun
pour vanter les réalisations de son gouvernement
pour la classe moyenne. – Moi, je choisis
d’avancer, avec vous. – Le slogan libéral,
“Choisir d’avancer”, nous confirme que
le premier ministre n’était pas dans le métro de Montréal
à l’heure de pointe. Les conservateurs aussi
sont en mode préélectoral : Andrew Scheer a lancé
une publicité télévisée dans les deux langues officielles.
Son message : – Mon plan pour les Québécois?
Baisser le coût de la vie et laisser plus d’argent
dans vos poches. – Quant au chef du Parti
populaire du Canada, Maxime Bernier, bien,
des panneaux publicitaires le mettant en vedette
avec le message : “Dites non à l’immigration
massive” ont été retirés après avoir été affichés
un peu partout au pays. Ils ont suscité de nombreuses
critiques, ce qui a fait reculer la compagnie
propriétaire des panneaux. Et Maxime Bernier, lui,
a crié à la censure. Le Bloc québécois lui, a tenu
un rassemblement précampagne à Montréal. Pierre Karl Péladeau a livré
un discours sur l’économie. Du côté du NPD, on cherche
encore des candidats à présenter dans les
circonscriptions québécoises. Il en manque encore 25, mais on assure que la liste sera
complète avant les élections, qui auront lieu le 21 octobre! Et pour lesquelles Rad
vous prépare 25 contenus pour vous aider à faire
votre choix pendant la campagne. Quelques nouvelles en bref! Greta Thunberg est arrivée
à New York après avoir mis une quinzaine de jours
à traverser l’Atlantique à bord d’un yacht zéro carbone. Elle a été accueillie par
une foule d’admirateurs et de journalistes.
Elle doit prendre part à un sommet mondial sur le climat
organisé par l’ONU en septembre. L’Indonésie déménage
sa capitale, Jakarta, parce qu’elle sombre peu à peu
dans la mer de Java. Et parce qu’elle est
trop souvent sujette à des tremblements de terre
et des inondations. L’Indonésie, c’est le quatrième
pays le plus peuplé du monde. 10 millions de personnes
vivent à Jakarta, que le gouvernement veut
relocaliser sur une autre des 17 000 îles de l’archipel. Ça, ça devrait coûter environ
33 milliards de dollars américains. CNN dresse d’ailleurs une liste
d’autres villes connues dans le monde qui
s’enfoncent peu à peu. Parmi elles, il y a
Beijing, et Washington qui devrait s’abaisser
d’environ 6 pouces au cours des
100 prochaines années. En terminant, le YouTubeur
PewDiePie est devenu le premier individu à dépasser
les 100 millions d’abonnés. Ça lui a pris 9 ans depuis la publication
de sa première vidéo. Il était engagé dans une course
avec la chaîne indienne T-Series qui, elle, a dépassé
le 100 millions d’abonnés un peu plus tôt cette année. PewDiePie commente des “memes”,
la culture YouTube ou les publications
d’autres YouTubeurs. Mais son ascension a
aussi eu un côté sombre lorsqu’un des auteurs des
tueries en Nouvelle-Zélande a lancé, dans une diffusion
de son attaque : “Abonnez-vous à PewDiePie”. Ce dont le YouTubeur
s’est immédiatement dissocié. C’est ce qui conclut
ce 10e Bunker ou “DécaBunker”. J’espère que vous avez apprécié.
Si vous avez apprécié, vous pouvez nous donner un
petit pouce en l’air, partager ou vous abonner à notre page
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pour les coulisses. Et moi, je vous dis :
à la semaine prochaine. Bla bla bla
Bla bla bla. Bla. Bla bla bla…